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Lyr Add: Les Djinns (Victor Hugo)

Mrrzy 13 Dec 01 - 02:32 PM
Mrrzy 13 Dec 01 - 02:37 PM
Sorcha 13 Dec 01 - 03:01 PM
GUEST,Phrenzied 02 Jul 10 - 11:22 AM
ClaireBear 02 Jul 10 - 11:32 AM
Mrrzy 02 Jul 10 - 02:12 PM
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Subject: Les Djinns, really a poem, song chal?
From: Mrrzy
Date: 13 Dec 01 - 02:32 PM

I'd love to hear this put to music. The poem, for you non-Francophones, is about an attack of a swarm of genii. As the demons get closer and the attack mounts in ferocity, each stanza has more and more syllables per line; as the swarm passes (the house is left standing) and the echoes fade, the lines become shorter and shorter again. I think it might be by Victor Hugo, anybody who knows, add the info please.

(hope this works)

Les Djinns

Murs, ville, Et port, Asile De mort, Mer grise Où brise La brise, Tout dort.

Dans la plaine Naît un bruit. C'est l'haleine De la nuit. Elle brame Comme une âme Qu'une flamme Toujours suit !

La voix plus haute Semble un grelot. D'un nain qui saute C'est le galop. Il fuit, s'élance, Puis en cadence Sur un pied danse Au bout d'un flot.

La rumeur approche. L'écho la redit. C'est comme la cloche D'un couvent maudit ; Comme un bruit de foule, Qui tonne et qui roule, Et tantôt s'écroule, Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale Des Djinns !... Quel bruit ils font ! Fuyons sous la spirale De l'escalier profond. Déjà s'éteint ma lampe, Et l'ombre de la rampe, Qui le long du mur rampe, Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe, Et tourbillonne en sifflant ! Les ifs, que leur vol fracasse, Craquent comme un pin brûlant. Leur troupeau, lourd et rapide, Volant dans l'espace vide, Semble un nuage livide Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée Cette salle, où nous les narguons. Quel bruit dehors ! Hideuse armée De vampires et de dragons ! La poutre du toit descellée Ploie ainsi qu'une herbe mouillée, Et la vieille porte rouillée Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure ! L'horrible essaim, poussé par l'aquilon, Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure. Le mur fléchit sous le noir bataillon. La maison crie et chancelle penchée, Et l'on dirait que, du sol arrachée, Ainsi qu'il chasse une feuille séchée, Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve De ces impurs démons des soirs, J'irai prosterner mon front chauve Devant tes sacrés encensoirs ! Fais que sur ces portes fidèles Meure leur souffle d'étincelles, Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte S'envole, et fuit, et leurs pieds Cessent de battre ma porte De leurs coups multipliés. L'air est plein d'un bruit de chaînes, Et dans les forêts prochaines Frissonnent tous les grands chênes, Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines Le battement décroît, Si confus dans les plaines, Si faible, que l'on croit Ouïr la sauterelle Crier d'une voix grêle, Ou pétiller la grêle Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes Nous viennent encor ; Ainsi, des arabes Quand sonne le cor, Un chant sur la grève Par instants s'élève, Et l'enfant qui rêve Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres, Fils du trépas, Dans les ténèbres Pressent leurs pas ; Leur essaim gronde : Ainsi, profonde, Murmure une onde Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague Qui s'endort, C'est la vague Sur le bord ; C'est la plainte, Presque éteinte, D'une sainte Pour un mort.

On doute La nuit... J'écoute : - Tout fuit, Tout passe L'espace Efface Le bruit.


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Subject: Lyr Add: LES DJINNS (Victor Hugo)
From: Mrrzy
Date: 13 Dec 01 - 02:37 PM

OK, it didn't. Here it is again...hope this works!

LES DJINNS

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche.
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !... Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit.


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Subject: RE: Lyr Add: Les Djinns, really a poem, song chal
From: Sorcha
Date: 13 Dec 01 - 03:01 PM

Yes, it is Hugo, and here is a translation, don't know how good it actually is:
  Djinns

Walls, city,
And port,
Asylum
Of death,
Gray sea
Where breaks
Breeze,
All sleeps.

In the plain
Is born a noise.
It is the breath
Night.
It slab
Like a heart
That a flame
Always follows!

The higher voice
Seem a grelot.
Of a dwarf who jumps
It flees, springs,
Then in rate
On a foot dances
At the end of a flood.

The rumour approaches.
The echo repeats it.
It is like the bell
Of a convent maudit;
Like a noise of crowd,
Who thunders and who rolls,
And sometimes collapses,
And sometimes grows,

God! the sepulchral voice
Djinns!... What a noise they make!
Let us flee under the spiral
Deep staircase.
Already my lamp dies out,
And shade of the slope,
Who along the wall crawls,
Go up up to the ceiling.

It is the swarm of the Djinns which passes,
And whirls while whistling!
Yews, that their flight crashes to pieces,
Crack like an extreme pine.
Their herd, heavy and fast,
Flying in empty space,
Seem a livid cloud
Who carries a flash to the side.

They are near! - Tenons closed
This room, where narguons we them.
What a noise outside! Hideous army
Vampires and dragons!
The beam of the roof loosened
Ploie as well as a wet grass,
And the old rusted door
Tremble, to uproot its hinges!

Cries of the hell! voice which howls and which cries!
The horrible swarm, pushed by the north wind,
Undoubtedly, ô sky! falls down on my residence.
The wall bends under the black battalion.
The house shouts and staggers leaning,
And it would be said that, of the ground torn off,
As it drives out a dried sheet,
The wind rolls it with their swirl!

Prophet! if your hand saves me
Of these impure demons of the evenings,
I will go prosterner my face bald person
In front of your crowned encensoirs!
Make that on these faithful doors
Their breath of sparks dies,
And that in vain the nail of their wings
Squeak and shouts with these black stained glasses!

They passed! - Their troop
Fly away, and flees, and their feet
Cease beating my door
Their multiplied blows.
The air is full with a noise of chains,
And in the nearest forests
All the large oaks shiver,
Under their flight of fire folded!

Their remote wings
The beat decrease,
If confused in the plains,
If weak, that one believes
Ouïr the grasshopper
To shout of a spindly voice,
Or to sparkle hail
On the lead of an old roof.

Strange syllables
Us come encor;
Thus, of Arabic
When the horn sounds,
A song on the strike
Per moments rises,
And the child who dreams
Fact of the gold dreams.

Funeral Djinns,
Wire of the demise,
In darkness
Their steps have a presentiment of;
Their swarm thunders:
Thus, deep,
Murmur a wave
That one does not see.

This vague noise
Who falls asleep,
It is the wave
On the edge;
It is the complaint,
Almost extinct,
Of holy
For a death.

One doubts
The night...
I listen: -
All flees,
Any master key
Space
Erase
Noise.

It would make an interesting song; I hear something like "Night on Bald Mountain".....


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Subject: RE: Lyr Add: Les Djinns, really a poem, song chal
From: GUEST,Phrenzied
Date: 02 Jul 10 - 11:22 AM

It already has been put to music (By Gabriel Faure).

As to the translation ...

It's metrical and poetical but not literal (it's almost imppossible to have all three)


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Subject: RE: Lyr Add: Les Djinns, really a poem, song chal
From: ClaireBear
Date: 02 Jul 10 - 11:32 AM

I understood that it was a metaphor for a fierce storm, possibly a hurricane. It is indeed a wonderfully crafted poem. I haven't heard the Faure treatment, but will be looking it up soon!

I can't picture it sung, but I can imagine it recited to music -- starting with a slow air then progressing through speeds and complexities to a full-fledged reel, and back again. Irish music on uilleann pipes would work well. Are there any French tunes that reach the requisite degree of frenzy?

C


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Subject: RE: Lyr Add: Les Djinns, really a poem, song chal
From: Mrrzy
Date: 02 Jul 10 - 02:12 PM

Not that I know of, glad to see this thread revived...

Maybe Gilbert & Sullivan?


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